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"Compétence et action, servir le bien commun"

 

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Vivre humain : une quête toujours à mener, jamais achevée

 

La première fonction de la conscience, c'est l'oubli de tout ce qui dérange ou contrevient au conventionnel et à l'habituel. C'est le rejet, l'exclusion de ce qui ne concerne pas directement ce que nous sommes en train de faire dans l'action, la réaction ou dans la détente. Le refoulement a ainsi d'abord une fonction vitale d'équilibre psychique et de protection du moi. Afin d'assurer la vie et la survie de l'individu, sa conscience veille et pour veiller doit être en vigilance vers le monde extérieure. D'un côté il s'agit de garantir l'intégrité de sa personne et de son environnement proche garantissant sa sécurité et, d'un autre côté, il s'agit de chercher à assouvir les besoins et les désirs qui surgissent. C'est pourquoi la conscience humaine est toujours limitée à l'extrême et qu'elle n'est d'abord remplie que d'elle-même, ce qui peut n'être que du presque rien ou de l'évidence très superficielle.

 

Le travail qu'a tout être humain à faire pour toujours tendre vers l'humanité ne consiste ni à se décomplexer (au sens vulgaire qu'a pris ce terme) ni à se donner bonne conscience mais demande une remise en cause dérangeant les équilibres préalablement établis, afin de prendre du recul, de la distance, de s'élargir et s'élever. Là est un chemin de liberté qui a à concilier des inconciliables et à dompter la violences qui habite en chacun.

 

Tenir parole. Le problème qui est posé par le langage est que nous pouvons le prendre pour la réalité, puisque c'est par lui que nous sommes toujours et de toutes façons engagé dans notre rapport au réel. D'une part nous est inaperçue cette médiation et nous nous illusionnons quant à notre conscience, d'autre part nous attribuons au réel les structures de la langue et de la pensée. Les résultats peuvent avoir des aspects catastrophiques : généralisations abusives, convictions non fondées, certitudes idiotes, déni de toute possibilité de paradoxe et d'ambivalence, préjugés non pertinents, projections inadaptées... Je suis le premier à ne pas y échapper mais essaie de me reprendre lors de mon travail analytique ou, autrement dit, suis repris par ma propre analyse. 

 

L'intériorité de chaque être humain est une réalité vivante. Se connaître, c'est prendre en compte et au sérieux sa propre intériorité et la capacité de converser en soi avec soi, de dialoguer avec les différentes parties qui nous constituent et sont en tension, en conflit. Sans la confrontation aux expériences heureuses et douloureuses de la vie, sans la lecture et l'étude de certains pionniers de l'esprit, sans un effort constamment renouvelé, nous n'évoluons pas et risquons toujours de régresser, de tomber dans le sillon de la paresse, de la compulsion et du divertissement.

 

En cela la tragédie et la mythologie grecques sont toujours d'une extrême actualité. Avec l'avènement de la pensée rationnelle et de la démocratie il y a 2500 ans, les problèmes fondamentaux auxquels tout âme humaine peut-être confrontée ont été énoncés. Les arts, la littérature, viennent guider et éclairer le travail psychanalytique.

Ce site, fondé sur une conception délibérément positive de la personne humaine, vise à organiser de façon synthétique et accessible les connaissances en même temps relativement simples et infiniment complexes, ambivalentes et paradoxales permise par la psychanalyse concernant l'évolution de l'individu, la vie en société et le fonctionnement de la conscience. Il s'agit de mettre ouvertement à disposition une contribution nécessairement non exhaustive d'éléments de réponses quant aux questions que nous nous posons sur ce que nous sommes, sur ce que nous faisons et sur les objectifs que nous poursuivons et les difficultés que nous rencontrons en tant qu'être humain existant, c'est-à-dire "jeté au monde" symbolique.

 

 

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Vivre humain, au risque d'une définition

 

La notion de patrimoine semble pouvoir être prise à contrepied et s'articuler selon six aspects qui permettent de la revisiter totalement sous un angle anthropologique. Ainsi peut-on certainement reconsidérer ce qui a véritablement de la valeur à nos yeux : est-ce le paraître et les apparences, est-ce les biens matériels, ou bien est-ce ce qui n'a pas de prix : notre sérénité, notre épanouissement intérieur, notre vie en harmonie avec les autres et la nature ?

 

I - L'universalité de l'être humain prend nécessairement en compte l'ensemble des caractères pouvant différencier les hommes entre eux

 

En tant qu'être humain, nous sommes tous égaux par notre patrimoine génétique commun et tous différents par nos particularismes culturels, sociaux, sexuels et personnels, et donc d'abord par notre patrimoine génétique individuel : si la différence de génome entre deux personnes prises au hasard peut être de 0,5 %, ce chiffre est le même que pour la différence entre nous et l'homme de Neandertal (cf. nature.com). Ce sont les spécificités particulières au sein de l'universel qui fondent la possibilité d'exister en tant qu'individu. La culture s'articule toujours avec les tendances personnelles.

Les possibilités de diversités sont ainsi infinies. être femme, être homme, c'est toujours pouvoir se différencier et le faire en totale liberté dans la quête jamais terminée de ce que chacun est dans son absolue originalité. Il peut ainsi y avoir plus de proximité "humaine" entre personnes de cultures et de langues différentes qu'au sein d'une même famille.

La prise en compte et le respect des différences individuelles et collectives est indispensable pour pouvoir se développer et se réaliser. Chacun a droit à être respecté dans ce qu'il a d'unique, ses pensées, ses paroles, ses actes. Et réciproquement, chacun à le devoir de respecter le caractère unique, les pensées, les paroles et les actes des autres. Voila, du fait d'être humain, la responsabilité incombant à tous.

 

II - Les idées n'appartiennent à personne

 

Les idées et les représentations ne sont pas des objets matériels et ne peuvent être la propriété de qui que ce soit en particulier. étant ce par quoi nous pensons, elles sont le bien commun de l’humanité et correspondent à son patrimoine spirituel. Plus nous partageons d'idées et de représentations, plus nous en sommes riches. Les archétypes, en tant que formes universelles évolutives, rendent possibles le langage, la pensée, les émotions tout en autorisant toujours que ceux-ci soient spécifiques à une culture et puissent s'adapter et muter vers plus de diversité, de créativité, d'individualité.

Idées et représentations sont ce par quoi nous pouvons penser le monde, nous penser. Sans leur aide et leur ressource, il n'y a pas d'humanité... ou d'inhumanité. Nous avons toujours à nous les approprier pour nos actions.

C'est pour cela que nous sommes renvoyés à nos responsabilités individuelles. Parce que je ne suis propriétaire ni du "bien" ni du "mal" en soi, je suis propriétaire du "bien" comme du "mal" que je peux faire. Je peux vouloir le "bien" et faire le "mal". Les idées, les représentations, peuvent aussi bien déboucher sur moins de diversité, de créativité et d'individualité... et plus de bêtise. Elles sont nécessaires mais pas suffisantes.

En définitive, tout être humain est d'abord responsable de lui-même en tant que redevable de sa vie à la vie. Et en tant que responsable de lui-même il est responsable de tous les autres hommes et de leurs vies. Et en tant que responsable de tous les hommes il est responsable de la terre entière et de sa vie.

 

III - Tout homme est capable de penser par lui-même

 

être humain, c'est pouvoir penser, et penser par soi-même. La capacité de tout être humain à penser par lui-même est fondamentale et renvoie à son patrimoine existentiel. Le fondement de l'humanisme intemporel repose sur la certitude que l'homme possède la capacité d'être présent au monde, de façon unique et personnelle, par ses perceptions, son imagination, sa pensée, et d'en bien agir.

Certes l'homme ne peut devenir homme seul ; il n'y a pas d'homme sans société. Et c'est à travers ses interactions avec le monde et les autres qu'il peut se construire. Mais le système d'éducation et de formation doit respecter le caractère inaliénablement unique et singulier de chaque individu. Le premier et principal devoir de toute collectivité humaine est de permettre la réalisation et l'épanouissement personnel, selon les voies et les potentiels propres à chacun.

L'humanité - être humain - se définit par cette capacité de penser par soi-même et la possibilité d'évolution de conscience individuelle qui y est liée. La capacité de penser, l'intelligence, est partagée par tous les êtres humains. Par le passé groupes et institutions édictaient en règles et contraintes extérieures ce qui est maintenant sous la responsabilité "en conscience" au cœur de chacun.

Elever, faire grandir, c'est éduquer et former, c'est apporter les capacités de raisonnement, le discernement, les idées, les connaissances, développer les compréhensions, rendre autonome et adulte en pensée et en réalité.

 

IV - L'aptitude à s'auto-observer et à dialoguer intérieurement est partagée par tous

 

Que ce soit à travers les mythes les plus anciens ou les peintures rupestres, tous les arts, on constate que l'être humain possède l'aptitude d'observer ses semblables et le monde qui l'entoure aussi bien que son monde intérieur. Par son patrimoine dialectique, cette aptitude foncièrement humaine à lire le réel, le comprendre, le décoder, et le recoder, l'organiser, fonde l'évolution des cultures et des sciences mais comporte des risques insuffisamment identifiés et pris en compte. Le Discours de la méthode ouvre un monde où nous nous sommes rendus puissamment maître et possesseurs de la nature. Mais qu'en avons-nous fait ? Qu'en faisons-nous ?

Qu'avons-nous fait ? Que faisons-nous ? La question est aussi ouverte que la profondeur de nos angoisses refoulées comblées par une extériorité débordante saturée de bruits, de virtuel et d'images. En consommant, nous nous consumons. Dépenser nous dédouane de penser. Le manque est plus facile à combler par notre paresse et devient du "temps de cerveau disponible".

 

V - L'homme n'est pas maître de lui au sens où il le croit habituellement

 

Si la science a évolué d'une façon fantastique, les hommes ont trop longtemps cru qu'elle leur apporterait inéluctablement le progrès social et culturel. Nous savons maintenant que ce n'est pas le cas. Le développement de l'être humain reste à faire, il n'est pas réalisé parce que nous nous sommes laissé prendre en charge par des institutions, des machines et des fantasmes positivistes, appuyés sur les fascinants archétypes du pouvoir, de la toute puissance, de l'orgueil, de la paresse et de la jouissance. En réalité, nous sommes proprement dit des "barbares". Et, paradoxalement, ce sont les évolutions technologiques qui nous à la fois nous stupéfient (avec des réflexes réactionnaires et conservateurs) et nous obligent à assumer nos responsabilités (en affrontant tout ce que cela implique).

La non prise en compte de la totalité du réel au détriment de ce qui a longtemps été appelé l'inconscient vient de l'énergie que nous avons placée dans notre intention volontaire rationnelle. Mais, justement, le terme d'inconscient montre bien par lui-même la posture hégémonique de la conscience telle qu'elle règne aujourd'hui. Quand l'homme admettra-t-il son patrimoine sacré (au sens de "séparé", immanent ou transcendant) ?

Le paradis perdu est un fantasme enfantin et trompeur engendré par le désir de la fusion et du retour au sein maternel. C'est la non connexion du moi avec ses racines physiologiques vitales et donc avec ses soubassement psychologiques, existentiels et spirituels. C'est ne pas faire face à la nécessité de s'élever et de se réaliser avec toutes les difficultés que cela comporte et les peurs qui y sont associées. Ce n'est pas affaire de passé fantasmagorique mais d'avenir toujours possible. 

 

VI - Le refus de toute allégeance

 

Construit sur le modèle animal, toute relation humaine est d'abord rapport de force quelque forme qu'il prenne. D'un autre côté, le petit d'homme est très dépendant de ses parents et intériorise un rapport de dépendance et de soumission à l'autorité. Le cocktail est explosif et difficile à vivre intérieurement. Nous le retrouvons dans l'extrême massification actuelle alliée à un individualisme outrancier.

Or des fondamentaux demeurent. Rendre service est ce qu'il y a de plus "rémunérateur" intérieurement. La culpabilité est propre à l'homme en tant qu'il est homme. On nous manipule beaucoup par notre tendance à la soumission et à la culpabilité. Refuser toute allégeance, c'est objecter le pouvoir que certains veulent prendre sur d'autres.

Le propre de tout être humain est le libre arbitre et la capacité critique qui lui est associée. La liberté est certainement ce qu'il y a de plus exigeant à conquérir et à actualiser. Les femmes et les hommes y préfère souvent la sécurité, la soumission, la facilité, le pouvoir... Le devoir de toute société humaine est de permettre aux individus d'accéder à une autonomie de pensée et à une liberté de parler, d'agir, de se déplacer dans le respect mutuel. La responsabilité du plus doué du plus compétent du plus puissant n'est pas d'en profiter pour aliéner les moins favorisés sous quelque prétexte que ce soit mais d'aider les moins favorisés à accéder au maximum de liberté dont ils sont capables.

L'être humain sortira de la préhistoire lorsqu'il renversera la notion d'allégeance en service du puissant envers le démuni.

 

 

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Comprendre le processus d’individuation à la lumière des travaux de Carl Gustav Jung

 

 

L'individuation (en tant que potentiel d’unicité, de singularité et d’accomplissement de la personne humaine) est une notion "limite" en ce sens qu'elle apparaît aujourd'hui comme vitale dans les enjeux du vivre humain alors qu'elle fait l'objet d'incompréhensions ou de lectures simplistes qui la disqualifient ou en empêchent l'appropriation.
Penseur de la complexité, des ambivalences et des paradoxes de l’intériorité, que dit Carl Gustav Jung sur ce sujet central dans son œuvre ? Comment réinterpréter les concepts qu’il a élaborés ? Quelle conception de l’être humain peut en être dégagée ?

 

1 - L’individuation : un processus de différenciation, d’intégration et d’exploitation

 

La fantastique autonomie de la volonté consciente s’est nécessairement développée au détriment d’autres aspects de la personnalité. Pouvoir par exemple à la fois se nier soi-même et souffrir d'un manque de reconnaissance pose question. Le caractère trop souvent incohérent de nos raisonnements et de nos comportements a une double origine : la confusion des niveaux de réalités matérielle, intellectuelle, émotionnelle et spirituelle et le déni et le refoulement de certains contenus inconscients individuels et collectifs autorégulant notre conscience. Afin d’investir pleinement l’action et l’extériorité, il faut commencer par considérer l’intériorité comme une réalité, la prendre au sérieux, ne pas la disqualifier a priori et en explorer les richesses inexploitées.

 

2 - L’individuation : un processus d’évolution vital et historique, de différenciation et de diversification

 

D’emblée, sur le plan universel et collectif, le vivant intériorise la structure du monde en s’y adaptant. L’intériorité humaine s’organise sur le mode de l'extériorité en même temps qu’elle projette ses structures psychiques et façonne la réalité extérieure. Ainsi se comprend toute l’histoire de l’humanité où l’homme entrevoit ce qu’il est à travers les mythes, en apprend sur lui-même par la tragédie, recherche sa destinée dans les songes, canalise ses pulsions par des interdits, décrypte ce qui le dépasse grâce aux spiritualités… et développe progressivement sa pensée rationnelle en itération avec la formation du monde technicisé et civilisé. Progression ou régression, c’est bien l’être humain qui fait le sens de l’histoire et se trouve responsable de la vie.

 

3 - L’individuation : un processus de triple prise de conscience et de distanciation

 

Ce que nous percevons est conditionné par ce que nous projetons : nous fabriquons le réel plus qu’il nous est donné. Et cette perception intériorisée est conditionné par une imagination (capacité à créer des images mentales) qui est aujourd'hui surdéveloppée et saturée par les sollicitations extérieures. Or ces représentations sont fondamentales pour l’individu qui en éprouve le sens par les conceptualisations qu’il en élabore. Chaque "cerveau" est un théâtre intérieur sur la scène duquel tout se joue dans les ambivalences des rôles et les retournements des situations (multiplicité des acteurs), regards, désirs et jugements sur soi, éprouvés, espérés ou craints des autres. Chacun se fait son cinéma. Nous engendrons du réel à l'insu de notre plein gré.

 

4 - L’individuation : un processus de transformation, de création et de libération existentielles

 

Nous ne serons jamais autre chose que des personnes (persona), mais vouées à un travail d’élucidation, de connaissance et de croissance intérieures qui renvoie inéluctablement aux opposés qui nous animent et, dans notre cheminement, nous guident ou nous illusionnent, pour le meilleur ou le pire (mana/ombre, anima/animus…). Cependant, sauf quand nous en usurpons les privilèges, que nous puissions être possédés et manipulés par des complexes autonomes qui nous animent et se dérobent à notre volonté nous est insupportable. Nous préférons voir les causes des problèmes dans l’extériorité ou autrui. Il nous échappe par ailleurs que la dépression (lorsqu'elle n’est pas maladie) puisse être profitable à notre évolution.

 

L’individuation, avenir de l’homme ouvert au mystère toujours à approfondir de la vie

 

Revisiter les thèses jungiennes dévoile des continuums : de l’extériorité à l’intériorité, de la normalité au pathologique, du sens aux symboles, de l’individuel au collectif, du bien au mal, du fini à l’infini... « Moi pluriel », « sujet intériorisant devenant objet intériorisé », l’homme se confronte au réel en vivant cette double mise en abîme par laquelle il se révèle à lui-même en se perdant. Seul pourtant de l’humble et exigeant dialogue intérieur de soi à soi, trouvant la source des valeurs et affrontant les fantasmes, peut advenir une relation à l’altérité sereine et équilibrée. Et des valeurs que nous nous approprions, nous pouvons nous désaliéner au profit de l’organisation concrète d’un bien commun.

 

 

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Vidéos

 

Je poursuis mes travaux de recherche comme vous pouvez en prendre connaissance sur ces vidéos : Comprendre le processus d'individuation ou Les quatre niveaux de réalité. Un enjeu important aujourd'hui est effectivement de bien comprendre ce qui distingue individuation et individualisme. 

 

  

 

 

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Etre, interprétation et pensée

 

Merleau-Ponty, Signes,« Le philosophe et son ombre », Gallimard, 1960, p. 201 et 202

Je m'emprunte à autrui, je le fais de mes propres pensées : ce n'est pas là un échec de la perception d'autrui, c'est la perception d'autrui... Si l'on croit que l'interprétation est astreinte ou à déformer ou à reprendre littéralement, c'est qu'on veut que la signification d'une œuvre soit toute positive, et susceptible en droit d'un inventaire qui délimite ce qui y est et ce qui n'y est pas. Mais c'est là se tromper sur l'œuvre et sur le penser. « Quand il s'agit du penser, écrit à peu près Heidegger, plus grand est l’ouvrage fait, - qui ne coïncide nullement avec l'étendue et le nombre des écrits, - plus riche est, dans cet ouvrage, l'impensé, c'est-à-dire ce qui, à travers cet ouvrage et par lui seul, vient vers nous comme jamais encore pensé ».
Penser n'est pas posséder des objets de pensée, c'est circonscrire par eux un domaine à penser, que nous ne pensons donc pas encore… L’œuvre et la pensée d'un philosophe sont faites aussi de certaines articulations entre les choses dites, à l'égard desquelles il n'y a pas dilemme de l'interprétation objective et de l'arbitraire, puisque ce ne sont pas là des objets de pensée, puisque, comme l'ombre et le reflet, on les détruirait en les soumettant à l'observation analytique ou à la pensée isolante, et qu'on ne peut leur être fidèle et les retrouver qu'en pensant derechef. 


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Première mise en ligne : 28/05/2008
Dernière mise à jour : 16/01/2017